Antonio Canova est un sculpteur italien de la République de Venise, devenu célèbre pour ses sculptures en marbre qui illustrent délicatement la chair nue. Son oeuvre, considérée comme la quintessence du style néo-classique, marque un retour au raffinement classique après les excès théâtraux de la sculpture baroque.

Antonio Canova nait à Possagno, un village de la République de Venise. À trois ans, Canova est privé de ses deux parents, lorsque son père décède et que sa mère se remarie. Leur perte est toutefois compensée par la tendre sollicitude et les soins de ses grands-parents paternels. Les père et le grand-père de Canova œuvraient en tant que tailleurs de pierre et de statuaires. Dès que la main de Canova sait tenir un crayon, il est initié aux principes du dessin par son grand-père Pasino. Ce dernier possède une connaissance à la fois du dessin et de l'architecture.

Les premières années de Canova sont dédiées à l'étude. Son esprit demeure cependant centré sur la sculpture, et l'atelier de son grand-père offre un parfait canevas pour assouvir cette passion. À 9 ans, il sculpte deux petits sanctuaires de marbre de Carrare, qui existent encore. Peu de temps après cette période, il est constamment employé par son grand-père. Parmi ceux qui fréquentent le vieil homme, on compte la famille Falier de Venise. Grâce à ce lien, le jeune Canova est présenté au sénateur de ce nom, qui deviendra plus tard son protecteur le plus zélé.

Une amitié se forme entre le fils cadet des Falier, Giuseppe, et Canova. Le sénateur Falier est amené à le recevoir sous sa protection immédiate. Le sénateur place Canova sous la garde de Bernardi, ou, comme on le connaît mieux, Giuseppe Torretto, un sculpteur d'éminence considérable, en résidence temporaire à Pagnano. Canova a alors 13 ans et il poursuit ses études avec Torretto pendant environ deux ans, faisant, à bien des égards, des progrès considérables.

Il commence bientôt à travailler pour son propre compte, et reçoit de son patron une commande pour un groupe: les sculptures Orphée et Eurydice.

La première statue, Eurydice, est achevée vers la fin de sa seizième année de vie. Canova est alors très estimé par son patron et ses amis, et on le considère désormais comme qualifié pour comparaître devant un comité public.

Pendant près de quatre ans, il travaille avec la plus grande persévérance, et consacre une grande partie de son temps à l'étude anatomique. Comme plusieurs artistes et penseurs de son temps, il considère la science comme le secret de l'art. Canova fréquente des lieux de divertissement public, où il étudie avec soin les expressions et les attitudes des gens. Il prend une résolution, qu'il respectera fidèlement durant plusieurs années : cella de ne jamais fermer les yeux le soir sans avoir produit une certaine œuvre dans la journée. Quelques années plus tard, il complète la statue jumelle d'Eurydice, Orphée. Le travail est applaudi universellement, et jette les bases de sa gloire. Plusieurs œuvres suivent, parmi lesquelles Dédale et Icare, l'œuvre la plus célèbre de son noviciat.

Son arrivée à Rome, le 28 décembre 1780, marque une nouvelle ère dans sa vie. Dans la capitale italienne, Canova étudie les reliques les plus magnifiques de l'antiquité afin de se perfectionner et de mettre ses talents à l'épreuve en compétitionnant avec les maîtres de l'art antique. Le résultat est à la hauteur des attentes : l’oeuvre qui établit d’abord sa renommée à Rome est Thésée terrassant le Minotaure, maintenant conservée dans les collections du Victoria & Albert Museum, à Londres.

La prochaine grande oeuvre de Canova est un monument en l'honneur de Clément XIV, qui est finalement ouverte au public en 1787. L’oeuvre, de l'avis des dilettants enthousiastes, estampille son auteur comme le premier artiste des temps modernes. Les nombreuses sculptures qui suivent ne font qu'amplifier la gloire de l'artiste.

Artiste établi à la renommé considérable, Canova envisage maintenant une grande œuvre, une statue colossale de la religion. L'idée remplit l’Italie d’admiration, le marbre est acquis et le ciseau du sculpteur est prêt à être appliqué lorsque, supposément, la jalousie d’hommes d'Église prive le pays de l'œuvre projetée. Malgré les intentions pieuses de Canova et bien qu’il ait été déjoué dans ce cas, il doit se résoudre à consacrer un sanctuaire dédié à la cause cléricale. Dans son village natal, il commence à faire des préparatifs pour l'érection d'un temple qui doit contenir non seulement la statue mentionnée plus haut, mais d'autres de ses œuvres. Ce lieu doit aussi servir à accueillir les cendres de son fondateur. En conséquence, il se rend à Possagno en 1819. Une fois que la première pierre de cet édifice est posée, Canova retourne à Rome, mais chaque automne suivant, il continue à visiter Possagno afin de diriger les ouvriers et de les encourager par des récompenses pécuniaires et des médailles.

Entre temps, la majorité des dépenses épuise ses ressources, et l'obligent à travailler avec assiduité sans relâche, malgré l'âge et la maladie. Au cours de la période qui intervient entre le début des activités à Possagno et sa mort, Canova exécute ou achève certaines de ses œuvres les plus marquantes. Parmi celles-ci, le groupe Mars et Vénus, la statue colossale de Pie VI, la Pietà et le St John. La dernière oeuvre livrée de sa main est un buste colossal de son ami, le comte Cicognara.

En mai 1822, Canova effectue une visite à Naples pour surveiller la construction de moules en cire pour une statue équestre du roi Ferdinand VII. Ce voyage endommage sa santé, mais il se rallie à nouveau à son retour à Rome. Vers la fin de la dernière année de sa vie, il effectue sa visite annuelle au lieu de sa naissance, où il subit une rechute. La maladie qui le suit depuis sa jeunesse, une dépression au niveau des côtes causée par l'utilisation continue d'outils de sculpture, l'emporte à son retour à Venise. Canova s'éteint à l'âge de 65 ans, et on lui offre les honneurs funèbres les plus distingués. Ses cendres sont déposées dans le temple de Possagno le 25 octobre 1822. Son cœur est enterré dans une pyramide de marbre qu’il avait conçue comme un mausolée pour le peintre Titien dans l'église de Santa Maria Gloriosa dei Frari à Venise, qui est aujourd'hui un monument dédié au sculpteur.