Jacques-Louis David est un peintre français influent dans le style néoclassique, considéré comme l'un des peintres prééminents de l'époque. Dans les années 1780, sa peinture marque un net changement, s’éloignant de la frivolité du style rococo et se dirigeant vers une austérité et une sévérité classiques.

David devient plus tard un partisan actif de la Révolution française et un ami de Maximilien Robespierre. Il est en fait un dictateur des arts sous la République française. Emprisonné après la chute de Robespierre du pouvoir, il s'aligne avec un autre régime politique après sa libération, celui de Napoléon 1er. C'est à cette époque qu'il développe son style Empire, remarquable pour l'utilisation de couleurs chaudes vénitiennes. David a un très grand nombre d'élèves, faisant de lui le professeur le plus influent dans l'art français du début du 19e siècle, en particulier dans la peinture académique.

Jacques-Louis David naît dans une famille prospère à Paris le 30 août 1748. Quand il a environ neuf ans, son père est tué dans un duel et sa mère le laisse avec ses oncles, des architectes prospères. Ils font en sorte que David puisse recevoir une excellente éducation au collège des Quatre Nations, mais David n'est jamais un bon élève : il a une tumeur au visage qui l'empêche de parler et il est toujours préoccupé par le dessin. Il couvre ses carnets de dessins et il dit un jour : « Je me cachais toujours derrière la chaise de l'instructeur, en dessinant pour la durée du cours ». Bientôt, il désire devenir peintre, mais ses oncles et sa mère veulent qu'il soit architecte. Il surmonte l'opposition et commence à apprendre de François Boucher, le peintre d’avant-plan de l'époque, qui est aussi un parent éloigné. Boucher est un peintre rococo, mais les goûts de l'époque sont en train de changer et la mode rococo cède la place à un style plus classique. Boucher décide qu'au lieu de prendre la tutelle de David, il l’enverrait à son ami David Joseph-Marie Vien, un peintre qui voit d’un bon oeil la réaction classique au style rococo. C’est alors que David assiste à la Royal Academy, basée sur ce qui est aujourd'hui le Louvre.

David tente de gagner le Prix de Rome, une bourse d'études en art à l'Académie française à Rome, à cinq reprises. À chaque échec, il devient de plus en plus frustré envers l'Académie qui lui refuse le prix, et cette insatisfaction sème les graines d'une rancune de longue date contre l'institution. Une fois, selon la légende, il perd parce qu'il n'a pas consulté Vien, un des juges. Une autre fois, il perd parce que quelques autres étudiants sont en compétition depuis des années, et que Vien sent que l'éducation de David peut attendre encore. Après sa défaite en 1772 il s'engage dans une grève de la faim qui prend fin au bout de 2,5 jours où ses professeurs l’interpellent et l'encouragent à continuer à peindre. Rassuré, il poursuit ses études, mais ne réussit pas à remporter le Prix de Rome l'année suivante. Enfin, en 1774, David remporte le Prix de Rome avec sa toile Érasistrate découvre la raison de la maladie d'Antiochus. Normalement, il aurait dû fréquenter une autre école avant d'assister à l'Académie à Rome, mais l'influence de Vien le garde hors de cette voie. Il va en Italie avec Vien en 1775, alors que Vien est directeur de l'Académie française à Rome. En Italie, David observe les chefs-d'oeuvre italiens et les ruines de la Rome antique. David remplit douze carnets de croquis avec du matériel qui lui servira de référence pour le reste de sa vie. Il rencontre un peintre très influent du début de la période néoclassique, Raphaël Mengs et, à travers lui, il est introduit aux théories fondatrices de l’historien de l'art Joachim Johann Winckelmann. Durant son séjour à Rome, il étudie de grands maîtres, et en vient à favoriser Raphaël. En 1779, David a l’occasion de voir les ruines de Pompéi, et est émerveillé.

Il cherche à révolutionner le monde de l'art avec les « éternels » concepts du classicisme.

Les camarades de David à l'Académie trouvent qu’il est difficile de s’entendre avec lui, mais ils reconnaissent immédiatement son génie. David est autorisé à rester à l'Académie française à Rome pour une année supplémentaire, mais au bout de 5 ans à Rome, il revient à Paris. Là, il trouve des gens prêts à user de leur influence pour lui, et il est nommé membre de l'Académie royale. Il envoie deux tableaux à l'Académie, et les deux sont inclus dans le Salon de 1781, un grand honneur. Il est salué par ses célèbres contemporains, mais l'administration de l'Académie royale demeurent très hostile à ce jeune arriviste. Après le Salon, le roi accorde à David un hébergement au Louvre, un ancien et prestigieux privilège. Lors d'un entretien avec David, l'entrepreneur des bâtiments du roi, M. Pécoul, lui demande de marier sa fille, Marguerite Charlotte. Ce mariage apporte à l'artiste de l'argent et éventuellement quatre enfants. David a ses propres élèves, environ 40 à 50, et le gouvernement lui commande une peinture, Horace défendu par son père, mais il décide rapidement que : Seul à Rome puis-je peindre des Romains. Son beau-père lui fournit l'argent dont il a besoin pour le voyage et David se dirige vers Rome avec sa femme et trois de ses élèves, dont l'un, Jean-Germain Drouais, deviendrait le lauréat du Prix de Rome de cette année-là.

À Rome, David peint de nombreux tableaux qui forgeront sa gloire et afficheront clairement ses croyances et convictions. En 1787, David se voit refuser le poste de directeur de l'Académie française à Rome, une position qu'il désirait profondément : le comte en charge des nominations, déclare que David est trop jeune, mais promet de le soutenir dans 6 à 12 ans. La même situation se reproduit parmi plusieurs autres qui incitent David à de s'en prendre à l'Académie dans les années à venir.